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Investir dans des vaches

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Investir dans des vaches : Le bonheur est dans le pré

image002Dans la catégorie des placements insolites, l’investissement dans des vaches laitières ne se révèle pas si saugrenu que ça. Ce placement atypique est de plus en plus en vogue ces derniers temps. Ce système est loin d’être ressent puisqu’il remonte au moyen âge voir plus loin encore. Pour vous en convaincre, l’étymologie du mot « Capital » provient du mot « chatel » qui signifiait « biens mobiliers en bétail » donc cheptel.

Cet investissement permet à l’épargnant de diversifier son patrimoine de façon originale tout en étant socialement responsable. Avec un rendement de 4 à 5 %, il séduit d’autant plus l’investisseur que les rendements des placements bancaires se réduisent comme peau de chagrin (livret A, …).

Un placement utile et responsable :

a. Le fonctionnement :

  • Le marché est organisé par une régie dénommée Société Elevage et Patrimoine qui est une émanation de l’Association Française Investissement en Cheptel (AFIC). Cette structure sert d’intermédiaire entre l’investisseur et les éleveurs. L’AFIC a été créée en 1991 et regroupait en 2013 800 éleveurs, 30 000 têtes de bétail appartenant à 1 000 propriétaires investisseurs.
  • L’investisseur place son argent dans des vaches laitières (montbéliardes, jersiaises, normandes, prim’holstein) qui sont louées à des éleveurs. L’apport de l’épargnant sert de mise de fonds pour acquérir des bovins. L’éleveur se charge de leur entretien et de les nourrir. Il s’acquitte des assurances, de fournir les soins ainsi que d’amortir le capital. En rémunération de son travail, il récupère le lait ce qui lui permet de couvrir ses frais de fonctionnement. A cela s’ajoute l’ensemble de la descendance mâle. Concernant la descendance femelle ; elle est partagée entre le fermier, l’AFIC et l’investisseur, après un prélèvement destiné à renouveler le cheptel (garantie la pérennité du troupeau).

b. Combien investir ?

  • Le prix varie selon la race et le poids de la vache. Il se situe dans une fourchette de 1 200 € à 1 850 €. Il est de ce fait tout à fait possible de démarrer son investissement avec un capital peu élevé. A cela il faut rajouter des frais d’enregistrement (environ 125 €).

c. Les revenus espérés :

  • Le propriétaire/investisseur perçoit chaque année environ 4 à 5 % de son cheptel « en nature ». En effet, sur 100 vaches louées à un éleveur, on estime qu’il y aura en moyenne 86 naissances (environ 46 mâles pour 40 femelles). Sur les 40 femelles, l’éleveur en récupère 20 pour renouveler son troupeau (remplacement des vaches réformées). A l’arrivé l’investisseur récupère 4 à 5 génisses d’où le rendement.

Deux options s’offrent à lui :

  • Réinvestir : Les génisses s’additionnent à son troupeau chaque année (avec l’hypothèse d’un taux moyen de croissance de 4,2 % par an, le troupeau double en 19 ans).
  • Prendre ses gains : Chaque année l’investisseur vend les génisses lui revenant dès qu’elles deviennent adultes. Il s’agit d’une rente « perpétuelle » puisque le troupeau s’auto-renouvèle.

La fiscalité :

L’investissement dans les vaches laitières peut s’avérer intéressant d’un point de vue fiscal. Même si l’épargnant choisit de faire croître votre troupeau, il devra quoiqu’il en soit déclarer les revenus tous les ans

Les revenus générés par son investissement rentrent dans la catégorie des « bénéfices agricoles imposés au régime réel normal ». De ce fait, la somme que l’épargnant aura investi lui permettra de créer un déficit (amortissement du prix d’achat des vaches).

Deux choix possibles pour déduire le déficit :

  • Imputer le déficit sur les autres revenus nets du foyer fiscal de l’investisseur (salaires, bénéfices commerciaux, …) dans la limite de 106 225 €.
  • OU
  • Rendre déductible le déficit sur les bénéfices agricoles des 6 années suivantes quelle que soit l’évolution future des revenus nets du foyer fiscal de l’investisseur, si la somme de tous ses autres revenus dépasse 106 225 €.

Les risques :

C’est un placement peu risqué pour les raisons suivants :

  • Décès de la vache : L’éleveur possède une assurance décès sur l’ensemble du troupeau. De ce fait le capital est préservé.
  • Un renouvellement du cheptel constant : En moyenne 20% des vaches sont renouvelées afin d’avoir un cheptel de qualité et ainsi pérenniser le troupeau dans le temps.
  • Une mutualisation des résultats : Tous les troupeaux bénéficient d’une gestion commune. Cela permet de mutualiser les résultats.
  • Un investissement peu liquide : Par principe, il s’agit d’un placement à long terme. En effet, il faut 9 mois pour qu’une vache naisse et 27 mois pour qu’elle devienne adulte. A noter qu’il est conseillé de conserver cet investissement au minimum 5 ans afin d’assurer sa rentabilité.

Quel avenir pour ce type de placement ?

a. Une demande « dopée » :

  • Une population mondiale qui a plus que doublé en l’espace de 50 ans. Il est prévu selon les Nations Unis que la population se situe aux alentours de 7,3 milliards en 2015.
  • Un besoin en matière première et produits agricoles de plus en plus importants. Cette demande est accentuée par une consommation de plus en plus importante de la Chine (premier importateur mondial de lait) et des autres pays d’Asie du Sud-Est. D’ailleurs la Chine sécurise ses approvisionnements en signant des accords commerciaux avec des coopératives laitières.
  • La filière française est réputée pour l’excellence de sa sécurité sanitaire (chaîne de traçabilité du pis de la vache au produit fini)

b. Les points d’interrogations :

  • Fin des quotas laitiers : Depuis le 1er avril 2015, l’Union Européenne a mis fin aux quotas laitiers ce qui en soit révolutionne la filière. Cela va libérer les énergies dans les bassins laitiers dynamiques de l’Union européenne (Ouest de la France, Irlande, Allemagne et Pays-Bas). En France des contrats entre les éleveurs et les laiteries sont venus se substituer aux quotas afin de garantir le prix du lait. La différence avec l’ancien système est qu’en cas de surproduction, le surplus est acheté à un prix très bas au lieu d’avoir comme précédemment des amendes. Toutefois, je ne suis pas certain que ce système perdure dans le temps car les plus gros acheteurs en France sont les enseignes de la grande distribution qui ont tendance à privilégier uniquement le prix.
  • Baisse des exploitations en France : La France est le 2ème producteur européen après l’Allemagne et le 8ème Toutefois, en l’espace de 10 ans, 37 % des exploitations laitières ont disparues, selon une étude du ministère de l’Agriculture (période étudié entre 2000 et 2010). De plus, la plupart des fermes sont encore familiales avec en moyenne 45 vaches laitières (trop petites pour résister à la concurrence mondiale). Par conte en Europe du Nord, on assiste à l’apparition de méga-élevages (centaines ou milliers de vaches qui restent enfermées toute l’année).
  • Ces méga-élevages sont largement critiqués du fait des risques qu’ils présentent pour l’environnement (ex : ferme des 1 000 vaches). Les scandales du lait contaminé à répétition en Chine me font penser que cette dérive à la production intensive nous prépare à de futurs scandales sanitaires en Europe.

Pour conclure :

L’investissement dans la vache laitière me semble être une bonne source de diversification qui vaut la peine d’être étudié. Malgré les points d’interrogation évoqués précédemment, je pense qu’il y aura toujours une place pour l’élevage raisonné d’autant que ce système d’investissement viendra augmenter la taille moyenne des exploitation française sans pour autant dénaturer ce qui fait la force de notre production laitière : la qualité et la sécurité sanitaire.

Faites-vous aider par un Conseiller en Investissement Financier (CIF) qui définira avec vous si ce type d’investissement est adapté à vos attentes et vos objectifs. Il sera à même de vous orienter et vous conseiller au mieux de vos intérêts. Si ce type de placement vous correspond, il vous assistera dans sa souscription.

Dans le cadre d’une meilleure protection des investisseurs, la loi de sécurité financière n° 2003-706 du 1er août 2003 a créé un nouveau statut spécifique : le conseiller en investissements financiers (CIF). Son activité est contrôlée par l’Autorité des Marchés Financiers (AMF). A ce titre, il possède une couverture en Garantie Financière et Responsabilité Civile Professionnelle.
laurent BRACHET

laurent BRACHET

Fondateur du site Placementinvest
Conseil en gestion de Patrimoine (CIF)
Tel : 06 15 31 11 82
contact@placementinvest.com
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