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Assurance vie : Faut-il sortir du fonds € ?

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image001Lors de mon dernier article sur le rendement des fonds euros en 2014, j’avais souligné l’effritement inéluctable des rendements. En effet, en 2014 le taux moyen était de 2,5 % et ça ne va pas s’arranger vu le contexte de taux bas. Ce rendement peau de chagrin fait triste figure au regard du taux moyen servi sur les unités de compte sur la même période, soit 5,9 %. D’ailleurs les prévisionnistes pour 2015 s’accordent à dire que le taux moyen allait tourner autour de 2 %.

Face à ce constat, nous pouvons nous interroger sur la pertinence de continuer à privilégier ce support. Il semble d’après les derniers chiffres de la Fédération Française des Sociétés d’Assurances (FFSA) que, pour la première fois, la collecte nette des unités de compte avec 5,8 milliards d’euros dépasse celle de l’euro à 4,9 milliards. On peut raisonnablement penser qu’il s’agit d’un changement de tendance chez l’épargnant français.

Quelle stratégie adopter ?

Un maintien de votre assurance vie avec une allocation d’actif 100 % en fonds euros serait un choix qui se révélerait très peu judicieux. Toutefois, sans céder aux sirènes des actifs boursiers, il est tout à fait possible de booster le rendement de votre contrat en graduant le risque selon votre appétence.

La prise de risque doit être également dosée à l’aune de certains paramètres :

a. L’âge du souscripteur :

  • L’espérance de vie joue un rôle important dans votre choix d’allocation. En effet, plus le risque est grand et plus le temps est votre allié car il permet de lisser la volatilité de votre actif. De ce fait, dans l’absolu, une personne jeune doit avoir une allocation d’actifs plus agressive qu’une personne âgée.

b. Durée d’épargne :

  • Si l’horizon d’investissement est court (départ à la retraite, réalisation d’un projet), il sera préférable de réduire au maximum le risque ; voire laisser tout en fonds euros. A contrario, si l’horizon de placement est lointain alors il faudra prendre des risques pour aller chercher des rendements plus alléchants (constitution de capital, préparation de la retraite).

Quelle allocation d’actif choisir :

L’allocation d’actifs vise à définir le poids de chaque classe d’actifs selon les critères énoncés ci-dessus. Ensuite, les poids des classes d’actifs sélectionnés sont définis en fonction d’un couple rendement/risque cible.

a. Les fonds Euros Dynamiques :

  • Les fonds Euros Dynamiques sont apparus en 2008 et permettent de profiter de la hausse des marchés financiers, sans subir les baisses par le biais du mécanisme des coussins (garantie en capital). En effet, l’assureur répartit entre deux poches l’épargne : la plus grosse partie sans risque (partie défensive) et 20 à 30 % en unité de compte (partie offensive). Cette dernière a pour but de surperformer les fonds euros classiques et ainsi offrir un rendement global supérieur aux fonds sécurisés.
  • Concrètement, l’assureur investi, dans la limite des intérêts accumulés sur le fonds en euros, dans des supports plus risqués. En cas de baisse en deçà de la valeur des intérêts, l’assureur vend immédiatement la poche de diversification pour se couvrir. L’épargne globale ne progresse pas, ou très peu. En revanche, si les marchés financiers sont en hausse, la partie dynamique est maintenue voir augmentée jusqu’à fin décembre. En fin d’année, celle-ci est liquidée et les gains sont sécurisés et sont définitivement acquis (effet cliquet).
  • Ces fonds Euros Dynamiques sont une excellente alternative pour les épargnants désirant allier performance et sécurité. Ils ont servis entre 3 et 3,8 % en 2014.

b. Les fonds immobiliers :

  • Il s’agit d’une autre alternative aux fonds euros offerte aux épargnants. Cette solution est un peu plus risquée que les fonds Euros Dynamiques. Elle consiste à investir dans des fonds à dominante immobilière profitant ainsi des rendements intéressants que procure l’immobilier d’entreprise (bureaux, commerces…), principalement au travers de SCPI (Société Civile de Placement Immobilier) et d’OPCI (Organisme de Placement Collectif en Immobilier). En effet, le rendement moyen des SCPI a été pour 2014 de 5,08 % tandis que l’indice de performance des OCPI affichait un rendement annuel de 4,9 %.

c. Les fonds structurés ou fonds à formule:

  • Les fonds structurés sont apparus dans les années 1990 et ont chez certain assureur le vent en poupe. En effet, ils profitent du contexte moins rémunérateur de l’assurance vie en euro mais également de l’instabilité des marchés financiers ces dernières années. Ces supports hybrides constituent un support d’investissement original et alternatif qui peut se révéler performant face aux unités de comptes traditionnelles. En effet, la perspective de gain dépend des évolutions de la Bourse, selon des paramètres définis à la souscription :
  • Le sous-jacent : Il s’agit de la valeur de référence dont dépend la performance du fonds (actions, indices, taux d’intérêts… ou une combinaison de ces divers actifs).
  • L’échéance (ou la maturité) : Il s’agit de la durée du support choisie dès la souscription (le plus souvent de 3 à 8 ans). Parfois, la garantie du capital est assurée à l’échéance selon le type de structure (à capital garanti, à capital protégé, à promesse). Le risque et donc la recherche de performance est gradué selon le fonds à formule choisi.
  • La période de souscription : Il s’agit de la période durant laquelle il est possible de souscrire ces produits (durée assez courte en général).
  • Certaines compagnies d’assurance pour inciter l’épargnant à investir pour partie leur assurance vie dans ce type d’unités de comptes, offre une majoration de rendement du fons euros de l’ordre de 0,15 à 0,20 % pour 2015.

d. Les fonds flexibles :

  • Cette 3ème stratégie pour redynamiser votre assurance vie, en complément ou pas des fonds euros, est d’investir dans les fonds flexibles.
  • Ce type de fonds est apparu après la crise de 2008. Ils permettent d’obtenir une meilleure performance que les fonds classiques d’assurance vie en euros. La gestion se fait au jour le jour par le gérant du fonds, selon l’évolution de la conjoncture, afin de rechercher les meilleures opportunités du moment sur les marchés financiers. Les supports qui composent son allocation d’actifs (actions, obligations, monétaires) sont donc pondérés en s’adaptant au plus près aux fluctuations du marché (exposition risque).
  • Le choix des fonds flexibles repose sur la promesse d’accepter de prendre pour l’épargnant plus de risques tout en contrôlant mieux cette prise de risques.

En conclusion :

Vu le contexte de taux bas, il est nécessaire de réorienter son assurance-vie et sortir progressivement des fonds euros en prenant plus ou moins de risques selon l’appétence de chacun. Deux choix s’offrent à l’épargnant :

  • Réaménager l’allocation d’actifs de son contrat d’assurance vie sans perdre le bénéfice de l’antériorité fiscale de celui-ci.
  • Ouvrir un nouveau contrat qui offre plus de supports que ce que propose votre assureur actuel. Cela permet de diversifier votre épargne en graduant l’exposition au risque. En effet, certaines assurances vie ne disposent pas d’actifs SCPI ou OPCI.

Les contrats d’assurance vie qui proposent des unités de comptes offrent un nombre limité d’arbitrages gratuits, profitez-en pour doser le risque en cours de vie de votre assurance vie.

Pour personnaliser son allocation d’actifs, avoir recours à un Conseiller en Investissement Financier peut s’avérer très utile. En effet, après analyse de votre situation patrimoniale et familiale ainsi que de vos attentes et vos objectifs (horizon de placement, objectif de performance, acceptation de degré du risque), Il sera à même de vous conseiller au mieux. Il vous proposera une répartition optimale de votre investissement entre les différentes catégories de supports mais aussi un suivi régulier du rendement et du risque.

Dans le cadre d’une meilleure protection des investisseurs, la loi de sécurité financière n° 2003-706 du 1er août 2003 a créé un nouveau statut spécifique : le conseiller en investissements financiers (CIF). Son activité est contrôlée par l’Autorité des Marchés Financiers (AMF). A ce titre, il possède une couverture en Garantie Financière et Responsabilité Civile Professionnelle.
laurent BRACHET

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Fondateur du site Placementinvest
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